13 juil. 2012




J'ai rencontré quelqu'un.
C'aurait pu être lui, c'aurait pu être un autre. Mais non, c'est bien lui. Lui et sa peau claire, ses cheveux sombres, sa barbe sauvage, la ligne de grains de beauté dans son dos, et celui sur sa joue, cette fragilité enfantine jusque dans ses yeux, et la virilité crue de toute l'ex-URSS.
Il me donne l'impression de me faire un cadeau.
Il me donne envie d'espérer, envie de changer, envie de bouger. Il me donne envie de sortir à cinq heures du mat' en talons hauts pour courir le long de la Seine, il me donne envie de tirer mon eye-liner jusqu'aux tempes, il me donne envie de me balader à poil, comme ça, un sweat-shirt sur les épaules à travers les chemins caillasseux. Il me donne envie de me rouler dans les fleurs blanches en ensemble dentelle, envie de boire un café sans enlever mes lunettes de soleil, même un jour de pluie, envie de crier, envie de rire, et de trembler, et de se taire les volets fermés des journées entières.
Il me donne envie de rester là, comme ça, mon visage contre ses côtes en dessous de l'aisselle, son bras au dessus de ma tête, allongés, silencieux, ma bouche entrouverte contre sa peau à respirer la chaleur phéromonée qui s'en échappe, ma main se baladant à travers ses cheveux, effleurant sa nuque, sa barbe, et les poils de son torse, comme on caresse la cime de l'herbe au début du printemps.
Il me donne envie de brûler.
Il appelle à quatre heures pour prévenir qu'il arrive. Il me baise comme on baise une petite pute. Avec violence et respect. Il se force à m'embrasser, juste pour l'acte, ou pour la convention, ou pour me faire plaisir, je n'sais trop. J'ai droit à mon quart d'heure de tendresse, à mon quart d'heure de faux amour aussi aseptique et plastique que réel, avant le calme de l'attente.
Et puis il s'en va, marchant à reculons le long du couloir tapissé de rouge, lentement, en me regardant comme on regarde ceux qu'on ne reverra pas. C'est quand même dingue ça, qu'il revienne toujours, et que toujours ce soit comme la dernière fois. A chaque minute j'aspire la moindre image, la moindre odeur, la moindre parcelle de son corps tellement il me fait peur, tellement je crains qu'il s'en aille et ne revienne cette fois pas. Je garde ses mégots et ses capotes pendant des jours, jusqu'à ce qu'il revienne, des fois qu'on ne sait jamais, juste au cas où, en souvenir. Je garde tout de lui, je le pille, je l'absorbe, je l'assimile constamment.
Il me rend folle.


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4 juil. 2012


Je sais pas comment font ceux qui ne pensent à rien avant de dormir
Je crois qu'ils font semblant
Ou alors ils n'y pensent pas.
Ou alors ils ont de l'espoir.
C'est étrange.


29 févr. 2012

Je ne sais où commencer. Je n'ai rien à dire. Je ne fais rien. Les jours sont longs, pesants quand on ne sort pas de chez soi. Je me sens lourde. Je suis lourde. Ma tête pèse et ne tient plus sur mes épaules. Je passe mes journées à dormir et à tourner en rond, mes nuits à essayer de le faire. Je ne sors pas car le ciel est blanc et me cotonne de nostalgie, je ne sors pas car le ciel tristement gris me couvrirait de sa pluie froide et ferait résonner mes pas au contact de chaque flaque, comme pour me rappeler ma présence et le manque de distinction de ma démarche, je ne sors pas non plus quand le soleil trop fort m'aveugle et m'accable, que la lumière m'appuie dessus de tous côtés, me rend visible et vulnérable.
Je ne sors que la nuit, lorsque tous les chats sont gris.
Et je fume, et je fume, encore et encore. Et je ne pense à rien, sinon à mon absence de pensée, et à l'absurdité d'une telle réflexion sur l'absence de réflexion, qui me plonge dans un tourbillon de non-sens, encore et encore. Et je fume.
Je cherche désespérément une distraction quelle qu'elle soit, alors je fais la vaisselle.